Vous trouverez principalement dans ces pages des témoignages d'agriculteurs et parfois, aussi, ceux de leurs conseillers, impliqués comme eux dans des actions de préservation de la ressource en eau du bassin versant de la rivière Seille. Les pratiques évoluent. Notre objectif est de montrer les choix judicieux et les bons gestes accomplis dans les activités quotidiennes par ces hommes et femmes. Les élus locaux, comme les simples citoyens seront également associés à cette démarche. Il s'agit de relever un défi collectif : celui de diminuer concrètement et durablement l'impact sur l'environnement.

jeudi 5 janvier 2017



Les réseaux DEPHY-FERME du programme Ecophyto vous connaissez ?


Ils sont aujourd’hui une source de références et de réalisations palpables dans la mise en place de solutions pour réduire l’utilisation des phytosanitaires.

Dans la démarche Ecophyto dont l’objectif est de baisser de 50% l’utilisation des phytos, il y a des actions bien connues comme le Certiphyto, ou le bulletin de santé du végétal (BSV). Il y en a qui demande à être connu comme le réseau DEPHY-EXPE basé sur l’expérimentation, ou plus particulièrement le réseau DEPHY-FERME.

Le dispositif FERME est un réseau de démonstration et de production de références, s’appuyant directement sur des exploitations agricoles. Ce sont des agriculteurs volontaires qui ont engagé leurs exploitations dans une démarche de réduction du recours aux produits phyto, qui expérimentent des systèmes de culture économes et qui partagent leurs pratiques. Le réseau FERME tel qu’il se présente aujourd’hui en France, c’est 167 groupes (10 à 12 exploitations par groupe) qui sont engagés ; et 90 nouveaux groupes ont déposé une candidature.

L’ex-Lorraine est bien représentée dans ce réseau. On compte une douzaine de groupe dont la majorité sont sur de systèmes céréaliers ou polyculture-élevage.

Il y a forcément une exploitation en  « DEPHY-FERME » près de chez vous, et il y en a plusieurs dans le bassin versant de la Seille.

Le credo des fermes DEPHY c’est plus d'agronomie, moins de chimie : rotations optimales, diversité des cultures, maintien des éléments de biodiversité dans le paysage, taille des parcelles…


Les résultats sont prometteurs. Alors qu’au niveau national, le recours aux produits phytosanitaires, en particulier herbicides et fongicides, a augmenté ces dernières années (+5,8% entre la période 2011‐2012‐2013 et la période 2012‐2014 et +9,4% entre 2013 et 2014), le réseau des fermes DEPHY a diminué, entre 2012 et 2014, le nombre de traitements moyen (IFT) de 10% en grandes cultures et polycultureélevage.

Des résultats concrets sont maintenant visibles, par exemple au lycée agricole de Courcelles-Chaussy avec comme indicateurs le désormais célèbre IFT :

Vous pouvez retrouver le scénario qui a permis ces résultats sur un site dédié à Ecophyto. Il y a d’ailleurs d’autres exemples sur d’autres exploitations proches des structures du bassin versant de la Seille et qui sont tout aussi instructifs.
Visitez donc, le site Ecophyto PIC- Itinéraires et systèmes-Réseaux de fermes DEPHY-Le réseau DEPHY en Lorraine et plus particulièrement les fiches trajectoires :




Réduire les phytos en gardant son revenu, c’est donc possible, on appelle cela des SEPP ou système économe en phytosanitaire.



Merci pour votre lecture et bonne Seille !



Claude RETTEL - CDA 57




mercredi 14 décembre 2016



Situation des colzas à l’entrée de l’hiver

La sécheresse de fin d’été a fortement réduit la surface initialement prévue en colza.  Quel  est l’état de la sole de colza présente ?

Des pesées de matière verte, comptages, mesures du salissement ont été réalisés fin novembre, le nombre est restreint mais donne une image de la situation.
- Les colzas semés tôt en semis direct ou suite à une préparation en TCS ont bénéficié des pluies de début août, se situent à des stades B10, B12 et sont fortement développés. Peu d’élogations sont observées, en raison de doses de semis voisines de 35 pieds/m².                 
Le désherbage a permis le contrôle des géraniums, capselles, gaillets mais reste insuffisant vis-à-vis des vivaces comme les laiterons, chardons mais aussi des graminées comme les bromes et les vulpins qu’il sera possible de maîtriser avec des solutions commerciales à base de propyzamide.
- Quant aux colzas semés fin août-début septembre, la situation semble plus tendue. Il existe des parcelles bien structurées à fort poids de matière verte, mais il faut reconnaître que pour beaucoup de parcelles, le peuplement se situe entre 20 et 40 pieds/m², le poids de matière verte entre 0.2 et 0.5 kg/m² .
Il est difficile de porter un jugement définitif, l’hiver remplira son rôle, les alternances gel-dégel, des séquences pluvieuses, douces favoriseront ou au contraire provoqueront des séquelles. Terres Inovia propose la grille de décision suivante :

Un autre critère sera à prendre en compte : la propreté des parcelles. Il n’existe pas ou peu de solutions de rattrapage. Dans les situations les plus délicates, la culture de colza ne doit pas être  source de multiplications des adventices difficiles à maîtriser dans une rotation.

Jean-François MERY - CDA 57

mercredi 2 novembre 2016



Une nouvelle culture : les blés précédent paille

Suite à la sécheresse de fin d’été, beaucoup d’agriculteurs n’ont pas semé toutes les surfaces prévues en colza d’hiver ou se trouvent en phase d’échec pour les levées et le maintien de parcelles de colza. Face à cette situation et dans l’urgence, des exploitants ont décidé de shunter la tête de rotation et de remplacer le colza par une céréale d’automne.
C’est une réponse minimaliste...
Les agriculteurs ont certes joué la sécurité de l’implantation d’automne mais vont se retrouver face à une absence de tête de rotation à l’automne 2017.
1- Les blés de blé disposent d’un potentiel de rendement inférieur aux blés précédent colza (en moyenne de 8q/ha),
2- L’itinéraire technique est plus coûteux :
          - Le choix de la variété doit être adapté : Boregar, Syllon, Advisor semblent être les variétés les mieux adaptées,
          - Les semences doivent être traitées avec une protection contre le piétin échaudage,
         - La fumure PK se raisonne comme celle d’une seconde céréale et se révèle plus exigeante vis-à-vis du phosphore,
          - La dose d’azote est supérieure de 20 à 30 kg/ha à celle d’un blé précédent colza,
         - Le fractionnement de la fertilisation azotée est différent car une faim d’azote se fait vite ressentir en reprise de végétation et nécessite un apport précoce, semblable à celui des orges d’hiver,
         - Ce n’est pas la culture qui solutionnera le contrôle du vulpin, bien au contraire en cas de résistance, elle amplifiera les populations résistantes. Le retard de date de semis pourra parfois limiter le développement des vulpins,
          - La protection fongicide est à adapter.

Pour les agriculteurs qui auraient remplacé le colza par une orge d’hiver( soit une orge précédent orge) , Yves Messmer d’ARVALIS - Institut du végétal ne souligne pas de contraintes particulières si ce n’est un potentiel de rendement inférieur à celui  d’une première orge. Par ailleurs, le risque de piétin échaudage se trouve limité grâce à  un semis d’octobre. Un apport d’acide phosphorique à l’implantation ou en reprise de végétation aide au renouvellement des racines et a une action directe défavorable au piétin échaudage.

Jean-François MERY - CDA 57


mardi 4 octobre 2016



Les limaces, un ravageur à ne pas négliger ! 

Le temps humide de ce printemps a été très favorable aux limaces. Les sols sont restés relativement humide en profondeur ; les limaces ont pu y trouver un abri.

Pour preuve, malgré un mois de septembre relativement sec, les pluies du week-end du 18 septembre ont quand même permis la remontée des limaces en surface. Les conditions actuelles, avec une hygrométrie élevée le matin (rosée…) restent favorables à une activité des limaces.   
En effet, les limaces, pourtant principalement nocturnes, peuvent s’observer en journée si les conditions climatiques optimales à  leur activité, se situant entre 13 et 18 °C et  75 % d’humidité, sont présentes.  
Développement des limaces en fonction des conditions climatiques - Source : Desangosse
Il convient donc de vérifier régulièrement sur les petits colzas, la présence et l’activité des limaces (éventuellement en disposant quelques granulés sous un support). Le risque d’attaque des limaces existe également pour les semis de céréales.
Afin d’anticiper les dégâts, il convient d’évaluer le risque limace à la parcelle en tenant compte de l’historique, du travail du sol,  de l’interculture, des conditions culturales. Les facteurs de risques les plus favorables sont listés dans le tableau ci-dessous.
Evaluation du risque limaces : les facteurs les plus favorables - Source : Arvalis - Institut du végétal
Afin de faire votre propre analyse de risque, il existe des grilles d’évaluation du risque limace dont vous trouverez le lien ci-dessous. Si après analyse, votre risque limace est théoriquement élevé, sachez qu’il existe de nombreux moyens de luttes agronomique, mécanique ou biologique qui peuvent être combinés comme par exemple une rotation adaptée, un travail du sol adapté et la favorisation de la présence de faune prédatrices ( à l’aide de haie par exemple). Ces grilles d’évaluation sont un appui à l’analyse mais, seule l’observation régulière à la parcelle doit rester dans tous les cas la base de toutes décisions. 
Dégâts de limaces sur colza - Source : Médiathèque des chambres d’agricultures
A télécharger :

Mélanie JEANNOT – CDA54