Vous trouverez principalement dans ces pages des témoignages d'agriculteurs et parfois, aussi, ceux de leurs conseillers, impliqués comme eux dans des actions de préservation de la ressource en eau du bassin versant de la rivière Seille. Les pratiques évoluent. Notre objectif est de montrer les choix judicieux et les bons gestes accomplis dans les activités quotidiennes par ces hommes et femmes. Les élus locaux, comme les simples citoyens seront également associés à cette démarche. Il s'agit de relever un défi collectif : celui de diminuer concrètement et durablement l'impact sur l'environnement.

jeudi 30 mars 2017



Des céréales en difficulté

Dans certaines parcelles, les céréales d’automne régressent : fin février, les populations se situaient entre 120 et 200 pieds/m². Au 27 mars, les peuplements diminuent encore et se retrouvent dans des zones de parcelles en dessous des seuils de maintien de la culture.
Quelles en sont les causes ?

  • La préparation des sols qui a produit des sols creux, insuffisamment rappuyés. Les sols n’ont pas pu évoluer en l’absence d’alternance de périodes sèches et humides en fin d’été. La sécheresse a caché la misère mais les semences n’ont pas pu être bien positionnées : un mauvais contact sol-graine, peu aidé par une faible pluviométrie a entraîné des pertes de levée conséquentes.
  • Une levée tardive, un hiver froid : une levée  peu dynamique, des céréales à des stades peu avancés à l’entrée et sortie de l’hiver
  • Des levées irrégulières liées à la qualité des semences (taux de germination faible en raison de la mauvaise qualité des céréales récoltées)
  • Les limaces travaillent depuis l’automne et profitent des sols creux pour se déplacer
  • Des larves de mouches grises
  • L’absence de matière organique
  • Le faible enracinement des cultures qui ne peuvent utiliser les éléments fertilisants à leur disposition
  • La présence de mosaïques (foyers jaunes dans les parcelles) dans les sols argilo-calcaires qui affaiblissent les escourgeons  et rendent les plantes chétives : selon ARVALIS, ETINCEL, KWS GLACIER figurent parmi les variétés les plus sensibles, KWS MERIDIAN se comporte correctement tandis que JOKER et OTTO sont données comme résistantes
  • Les phytotoxicités produites par les désherbages d’automne. Certes, ils se révèlent efficaces mais fonctionnent encore actuellement. Des vulpins encore présents fin février régressent, des dicotylédones nouvellement apparues blanchissent sous l’effet des herbicides

Le diagnostic est délicat, étant donné l’hétérogénéité des parcelles, et la difficulté à déterminer quand ces parcelles finiront de régresser. Plus le diagnostic est tardif, plus le potentiel de la culture diminue et le choix d’un éventuel d’une culture de remplacement limité.

Jean-François MERY – CDA 57

mercredi 15 mars 2017



En ce début printemps 2017, il convient de faire un petit rappel sur « Comment limiter les risques de pollutions diffuses ? »
Les pollutions diffuses font suite à l’entraînement des produits épandus sur les parcelles vers les eaux souterraines et superficielles, sans qu’il y ait, à proprement parler, faute de l’utilisateur ». Définition du CORPEN, Comité d’Orientation pour les Pratiques Agricoles Respectueuses de l’Environnement
Afin de limiter les risques de transfert des produits phytosanitaires dans l’environnement, les conditions d’applications des produits et la qualité de pulvérisation sont deux facteurs essentiels.
Parmi les conditions d’applications, on prend en compte le vent, l’hygrométrie et la température. Les conditions de traitements appropriées afin de limiter les risques de pollutions et d’obtenir une efficacité optimale de son traitement sont :

- Un vent inférieur à 19km/h,
- Une hygrométrie comprise entre 75 et 95 %,
-  Une température comprise entre 12 et 20 °C.

Un deuxième facteur important dans le risque de pollutions diffuses est la qualité de la pulvérisation.  Au préalable, il conviendra de lire convenablement l’étiquette du produit avant toute application. Le réglage du matériel et le choix des buses sont des éléments essentiels à la bonne efficacité du traitement. Afin de garantir une pulvérisation optimale il faut  choisir les buses adaptées au résultat attendu.
  
Et surtout, pensez bien à vos EPI (Equipement de Protection Individuel).

JEANNOT Mélanie - CDA54

lundi 20 février 2017



Journées techniques régionales, un bon cru !

Les Chambres d’Agriculture de Lorraine, pour la 6ème année consécutive, ont animé le mois de février, avec des conseils pointus, sortant des sentiers battus et consolidés par les références de terrain. Ces réunions ont fait  le buzz parce que « tout le monde en parle » (Moselle Agricole, note technique… et maintenant le blog).

Ces journées sont un des points forts du Schéma Régional Qualité de l’Eau. Ce schéma  est cofinancé par l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, l’état (avec le programme Casdar) et la profession par le biais des Chambres d’Agriculture. Il prend également en charge notre Agri-mieux ABNPSCPH « à bas les nitrates et les phytosanitaires dans la Seille qui font crever les poissons et les habitants ! ».

Le Secteur « Seille » a eu comme chaque année son rendez-vous. Les agriculteurs se sont retrouvés à Blanche Eglise où les échanges ont été de tous premiers plans.
Etre au plus près des préoccupations des agriculteurs, c’était aussi l’objectif de cette rencontre. Le titre et le programme sont assez évocateurs :
Consolider mon système de cultures pour faire face aux aléas et à une trésorerie limitée
Diversifier ses cultures pour sécuriser son système
Mélanger espèces et variétés pour augmenter les performances
Ajuster sa fertilisation au contexte de l’année
Protéger les cultures avec un budget contraint

On peut retenir pêle-mêle :
- les cultures de printemps, c’est des charges en moins, des liquidités immobilisées, une moindre sensibilité aux aléas et  moins de souci de désherbage,
- que les cultures pour diversifier son assolement ne manquent pas, on peut désormais faire entrer dans ce panel le soja,
- pour réduire ses coûts, on peut mélanger les espèces et/ou les variétés en cultures et en prairies,
- quand mixant les périodes d’apport adéquates, les formes d’engrais adaptées et les objectifs de rendement réalistes, les économies en azote sont substantielles,
- avec 60 unités d’azote et de potasse, on fait exprimer son potentiel aux prairies permanentes.
… ET bien d’autres choses encore, que vous retrouvez sur le site de La Chambre Régionale http://www.cralorraine.fr/index.php?page=016&rubrique=Acquisition%20de%20r%E9f%E9rences

On l’a bien compris, les intrants mieux utilisés et des bilans azotés plus équilibrés c’est moins de pertes et par conséquent moins d’impact sur le milieu.
Bonne Seille

Claude RETTEL – CDA 57

lundi 13 février 2017

Actualités réglementaires Directive Nitrates

Toutes les parcelles situées en zone vulnérable doivent avoir un plan prévisionnel de fumure azotée pour le 15 février.

Cela concerne les anciennes zones vulnérables mais aussi les communes classées en 2015.
Le plan de fumure est à établir pour chaque parcelle selon la méthode définie dans l’arrêté régional du 8 octobre 2015, il doit comprendre les éléments suivants :
- Les caractéristiques de chaque îlot : identification, surface de l’îlot, type de sol, culture, date d’ouverture du bilan ou azote déjà absorbé)
- L’objectif de rendement (soit calculé ou extrait de l’arrêté)
- Le pourcentage de légumineuses pour les associations graminées/légumineuses
- La quantité d’azote (efficace et total) à apporter pour chaque type de fertilisant (minéral et organique)
La Chambre d’Agriculture peut vous aider à réaliser ce Plan prévisionnel de Fumure azotée (PPF) à l’aide du logiciel « Mes P@rcelles ».

Un cahier d’enregistrement des pratiques doit également être tenu à jour reprenant :   - Les caractéristiques de chaque îlot (cf. PPF)
- Les modalités de gestion des CIPAN ou repousses : espèces, date d’implantation et de destruction, apports de fertilisants azotés)
- La culture principale avec : le rendement réalisé, les apports d’azote effectués (date, surface concernée, nature du fertilisant, teneur en azote de l’apport, quantité d’azote totale), date de récolte

Le PPF et le cahier doivent être cohérents : la dose d’azote apportée sur la culture et renseignée dans le cahier d’enregistrement doit être inférieure ou égale à celle figurant dans le PPF, sauf justificatif par un outil d’aide à la décision.

Une analyse de sol annuelle est obligatoire dès lors que vous exploitez plus de 3 ha en zone vulnérable (sauf si ce sont exclusivement des prairies permanentes.
L’analyse obligatoire n’est à faire que sur un îlot et doit concerner l’une des trois cultures principales exploitées en zone vulnérable ; il s’agit d’un reliquat azoté sortie hiver ou un taux de matière organique ; les résultats doivent figurer sur le PPF.

Mélanie JEANNOT – CDA 54