Vous trouverez principalement dans ces pages des témoignages d'agriculteurs et parfois, aussi, ceux de leurs conseillers, impliqués comme eux dans des actions de préservation de la ressource en eau du bassin versant de la rivière Seille. Les pratiques évoluent. Notre objectif est de montrer les choix judicieux et les bons gestes accomplis dans les activités quotidiennes par ces hommes et femmes. Les élus locaux, comme les simples citoyens seront également associés à cette démarche. Il s'agit de relever un défi collectif : celui de diminuer concrètement et durablement l'impact sur l'environnement.

vendredi 12 mai 2017



Infos système de cultures : Focus sur les auxiliaires des cultures…

Dans quelques jours, les premiers pucerons feront leur apparition dans les parcelles de pois et de tournesols. Leur colonisation va souvent de paire avec l’apparition des auxiliaires. Ces insectes entomophages, vont exercer sur les pucerons une pression de prédation ou de parasitage. Il faut souvent 8 à 10 jours pour que les populations de ravageurs/auxiliaires s’équilibrent. Avant de déclencher tout traitement insecticide, observez bien vos parcelles (plantes touchées, abondance des insectes entomophages). Un traitement sécuritaire trop précoce aura souvent un effet délétère sur les populations d’auxiliaires. Les recolonisations de pucerons seront souvent virulentes du fait de l’absence de prédation.
Pour protéger et favoriser le développement de la faune auxiliaire, vous pouvez aménager les abords de vos parcelles (bordures herbacées, haies…), ne pas systématiser l’utilisation des insecticides, et en cas de dépassement des seuils de traitement, utiliser une spécialité plus sélective des auxiliaires.


 Mélanie JEANNOT - CDA 54

jeudi 27 avril 2017



Méthaniser pour répondre aux échéances de demain.

Confronter comme tous les agriculteurs à un avenir incertain, les paysans du bassin versant de la Seille s’interrogent sur le futur.

La crise est réelle :
- Insécurité sur les prix, dû à la volatilité des marchés mondiaux.
- Insécurité de la production avec les à-coups climatiques qui s’accumulent depuis maintenant 5 ans sans discontinuer.
- Insécurité sur les méthodes de production avec une demande des consommateurs qui s’affirme notamment autour du non OGM et du bio.
- Insécurité pour la nouvelle PAC avec déjà une visibilité nulle sur le devenir des aides compensatoires, et le financement des mesures agro-environnementales et climatiques.
A cela s’ajoute une pression, même si elle reste bienveillante, de l’état, des collectivités locales et des gestionnaires de l’eau, pour changer les pratiques agricoles actuelles.
           
Concrètement les réflexions de terrain sont de cet ordre :
« Comment avoir des revenus complémentaires ou supplémentaires ? »
« Il me faut plus de cultures dans mon assolement, pour maîtriser les mauvaises herbes et les ravageurs ! »
« J’aimerais être moins dépendant des achats d’engrais minéraux ! »
« Si c’était possible avoir de la visibilité sur mes prix de ventes »
« Avoir un bon moyen pour gérer mes effluents d’élevage ! »

Être dans la triple performance (économique, environnementale et social) avec la méthanisation
 
Mettre en place un méthaniseur est une des réponses possibles à ces questionnements. On va produire effectivement une énergie renouvelable. La possibilité nous est donné de mieux gérer son azote organique et réaliser de substantiels économies sur les engrais minéraux.  Le méthaniseur peut aussi participer au recyclage d’autres déchets organiques issus de son secteur. Et en relocalisant la production d’énergie, on peut, peut-être, créer une activité qui génère de l’emploi.

Mais comme tous projets d’envergure il faut se poser les bonnes questions :
- Un petit méthaniseur ou une unité de production plus conséquente ?
- J’y vais seul ou avec des collègues ?
- Pour moi le plus rentable ; ce sera l’injection du gaz dans un réseau, ou la production d’électricité ?
- Comment cela fonctionne au jour le jour ?
- Entre ce qui rentre et ce qui sort du méthaniseur, il va falloir gérer de la logistique.
- Quelle part de cultures et d’effluents y introduire ?
- Quelle conséquence sur le fonctionnement de mon exploitation ?
- Quand, comment et où épandre le digestat issu de la méthanisation?

Ce genre de projet doit être mûrement réfléchi, c’est une vraie aventure. Il faut calculer les prix de revient. Il faut également avoir des financements solides, et pouvoir faire appel à des aides quand c’est possible. Les aspects juridiques ne sont pas à négliger.
Et on le sait, prendre son mal en patience pour tous les aspects administratifs.

Des projets sont en cours sur le bassin versant de la Seille, nous les suivons avec intérêt. Même si nous savons bien que l’épandage du digestat devra respecter les règles de bonnes pratiques agronomiques, pour être sans impact sur le milieu. Ces projets permettront à leur acteurs de mieux gérer les effluents d’élevage, et leur donnerons la possibilité d’allonger leur rotations.

Bonne chance et bonne Seille

Claude RETTEL & Alain Badoc – CDA 57

lundi 24 avril 2017



Info-Flash sur les abeilles ! 

Depuis quelques jours, les colzas fleurissent dans notre belle région. Les abeilles affluent ainsi dans ces champs jaunissants. Il faut savoir qu’il existe 20 000 espèces d’abeilles dans le monde, 1 000 espèces en France. Il existe des abeilles domestiques et des abeilles sauvages. Les abeilles domestiques (mellifères) peuvent se différencier à travers  divers éléments  précisés sur la photo.


En outre, les abeilles domestiques et les abeilles sauvages n’ont pas le même comportement lors du butinage. En effet, les abeilles sauvages seront de meilleures pollinisatrices car le pollen reste viable sur le corps de l’abeille tandis que l’abeille domestique fait des pelotes de pollen qui devient ensuite inactif pour la pollinisation. Par contre, les abeilles domestiques ont un comportement fidèle à une espèce au cours du butinage contrairement aux abeilles sauvages.
L’impact du butinage sur la production de colza a été évalué, au cours d’étude récentes, par l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique). Ce gain de rendement serait estimé à 12% pour le colza d’hiver.  Le butinage du colza par les insectes permettrait de :
- ramifications secondaires et tertiaires
- ↘ nombre de fleurs et de leur durée de vie
- ↗ nombre de siliques par plante
- ↗ nombre de graines par silique
- ↘ PMG
- Maturation plus homogène des siliques
- ↘ pertes à la récolte

Les pollinisateurs offrent un service aux agriculteurs et à la société toute entière, ils ont un rôle clé dans les écosystèmes. Certaines espèces sont plus mellifères que d’autres, donc n’hésitez pas à vous renseigner si vous souhaitez réimplanter des haies, choisir des cultures intermédiaires ou choisir un mélange prairial ! (quelques exemples dans le tableau ci-dessous).

Mélanie JEANNOT - CDA 54