Vous trouverez principalement dans ces pages des témoignages d'agriculteurs et parfois, aussi, ceux de leurs conseillers, impliqués comme eux dans des actions de préservation de la ressource en eau du bassin versant de la rivière Seille. Les pratiques évoluent. Notre objectif est de montrer les choix judicieux et les bons gestes accomplis dans les activités quotidiennes par ces hommes et femmes. Les élus locaux, comme les simples citoyens seront également associés à cette démarche. Il s'agit de relever un défi collectif : celui de diminuer concrètement et durablement l'impact sur l'environnement.

mardi 5 décembre 2017



Les pesées colza entrée hiver : du lourd

Pour donner suite à l’article « Estimation de biomasse colza : réaliser vos pesées entrée et sortie hiver de Mélanie Jeannot du 16 novembre dernier », nous avons parcouru le bassin pour faire quelques pesées.
A l’image des couverts en interculture, les colzas ont bien profité des conditions climatiques de septembre et d’octobre pour développer leur biomasse.

Les résultats :

Un niveau élevé au regard des dernières années (2016 non significatif) :        
Sur 60 pesées, les résultats sont hétérogènes. Ils vont de 4,5 à 0,5 Kg/m², mais l’écart type est de 0.9 Kg soit 75 % de l’échantillon entre 1 et 2.8 Kg/ha.
Ces variations s’expliquent plus par la dynamique de levée que par des critères plus agronomiques. Encore une fois l’effet année est le plus déterminant. On notera tout de même :
La prime aux systèmes élevage où l’azote organique débobiné est bien capté par les colzas,
Le plus pour les cultures associés : quand on cumule colza et fèverole, on arrive à 2.5 Kg de biomasse produite,
Pas d’effet biomasse des semis précoces et très précoces,
Une densité de pieds levés très homogène.

A suivre et rendez-vous en février pour les pesées sortie hiver,
bonne fin d’année et bonne Seille !

Claude RETTEL – CDA 57

mardi 21 novembre 2017



Maïs, tournesol, soja des cultures de printemps performantes en 2017

Les récoltes de maïs grain se terminent, elles peuvent être retardées par des semis tardifs, des capacités de séchage ou de stockage réduites.

Les résultats des cultures de printemps laissent apparaître :
- en tournesol : un rendement moyen de 37 q dans la gestion de parcelle 57, de 20 q dans des parcelles délicates (mauvaises levées, accident divers) à des rendements proches de 50 q,
- en maïs grain, un rendement moyen supérieur à 100 q, de 70 q pour des semis tardifs à plus de 130 q secs,
- en soja, un rendement moyen proche de 35 q variant de 20 à 40 q.

Toutes ces cultures ont bénéficié d’un été favorable, chaud et humide lors de la floraison  et  la mise en place des composantes du rendement (Nombre de grains et Poids de 1000 grains) pour exprimer leur plein potentiel.
Ainsi, l’été a pu compenser des conditions de levées délicates.  Des conditions favorables en fin d’été et en automne  ont permis de récolter sans trop de séchage les tournesols et sojas, et des maïs à des taux d’humidité raisonnables.

Quant aux itinéraires techniques, il en ressort :
- Des levées délicates en avril, mai en absence de précipitations significatives,
- Des efficacités hétérogènes pour les désherbages de post-levée,
- Des conditions idéales pour les binages de mai et juin,
- Des ravageurs maîtrisés, en particulier la pyrale,
- Trop de fumure azotée retarde la maturité des tournesols,
- Peu de maladies malgré un été chaud et humide,
- Des levées d’adventices importants en fin de cycle lors de la maturation des cultures, les appareils végétatifs n’effectuant plus d’effet parapluie et permettant aux adventices d’occuper les espaces libres.

2017 a donc plus favorisé les cultures récoltées en fin d’été et en automne que les cultures comme l’orge et le pois de printemps. Le tableau ci-dessous établit une synthèse de différentes cultures de printemps et doit inciter les agriculteurs à disposer dans leur assolement des cultures de printemps avec des profils différents.
Ainsi, les agriculteurs sécurisent plus l’assolement et ne jouent pas au poker avec un nombre limité de cultures d’automne. Ils répartissent leur temps de travaux, et disposent de leviers efficaces dans la lutte contre les mauvaises herbes, la fertilisation azotée et la gestion des travaux.

Jean-François MERY - CDA 57

jeudi 16 novembre 2017



Estimation de biomasse Colza : Réaliser vos pesées entrée et sortie hiver

Pourquoi ?
La biomasse est un indicateur de la quantité d’azote absorbé par la culture. Une information indispensable pour ajuster la fertilisation au printemps. L’estimation de la biomasse du colza entrée et sortie hiver permet de tenir compte de l’évolution de la biomasse durant l’hiver. En effet, en fonction des conditions climatiques durant l’hiver, le colza peut perdre plus ou moins de feuilles. 

Comment ?
Afin d’apporter la dose d’azote la mieux adaptée à vos colzas au printemps prochain, nous vous conseillons de réaliser des pesées de colza. Prélevez avant l’hiver un m² de colza vert coupé à ras du sol sur une zone représentative de la parcelle et pesez-le. Vous obtiendrez ainsi un poids entre 0,5 et 4,0 kg/m². Cette opération devra être renouvelée en sortie d’hiver. Une fois les deux pesées effectuées, vous calculerez un poids moyen « aérien » de votre colza.
C’est ce résultat qui vous servira pour calculer votre dose d’azote au printemps…
Sur les colzas associés à des plantes compagnes, réalisez la pesée de l'ensemble colza + plantes compagnes si elles sont gélives (féveroles…) ou du colza seul si il est accompagné d'un couvert permanent non gélif (trèfle blanc…).

Quelle dose ?
Afin d’estimer la dose d’azote, il faut estimer la biomasse entrée hiver puis sortie hiver.
 
 

Au printemps, exemple de calcul : 



Dose N Colza d’hiver =
Objectif de rendement x Besoins en azote par unité de production (= 6.5)
- Fournitures en azote du sol (Cf. tableau ci-dessous) 
- Azote absorbé depuis le semis (Teneur N x poids de matière verte/m²)                  
- Apport N issu de la matière organique
/ 0,8 (Coefficient Apparent d’Utilisation (CAU) de l’azote apporté)

Teneur N :
Colza < à 0.5 kg/m² =  70 U
Colza de 0.5 à 1 kg/m² =  65 U
Colza > 1 kg/m² =  60 U



Apport N issu de la matière organique :
Teneur en azote x Keq (coefficient équivalent engrais). Keq = 0,2 pour lisier et 0,15 pour fumier.
Exemple : j'ai épandu avant mon colza 30 t/ha de fumier à 5 kg de N/tonne.
N issu du fumier= 30 x 5 x 0.15 = 22 U


Fournitures en azote du sol :

















Mélanie JEANNOT - CDA 54