Méthaniser pour
répondre aux échéances de demain.
Confronter comme tous les
agriculteurs à un avenir incertain, les paysans du bassin versant de la Seille
s’interrogent sur le futur.
La crise est réelle :
- Insécurité sur les prix, dû
à la volatilité des marchés mondiaux.
- Insécurité de la production
avec les à-coups climatiques qui s’accumulent depuis maintenant 5 ans sans
discontinuer.
- Insécurité sur les méthodes
de production avec une demande des consommateurs qui s’affirme notamment autour
du non OGM et du bio.
- Insécurité pour la nouvelle
PAC avec déjà une visibilité nulle sur le devenir des aides compensatoires, et
le financement des mesures agro-environnementales et climatiques.
A cela s’ajoute une
pression, même si elle reste bienveillante, de l’état, des collectivités
locales et des gestionnaires de l’eau, pour changer les pratiques agricoles
actuelles.
Concrètement les réflexions
de terrain sont de cet ordre :
« Comment avoir des
revenus complémentaires ou supplémentaires ? »
« Il me faut plus de cultures dans mon
assolement, pour maîtriser les mauvaises herbes et les ravageurs ! »
« J’aimerais être moins dépendant des achats
d’engrais minéraux ! »
« Si c’était possible avoir de la visibilité sur
mes prix de ventes »
« Avoir un bon moyen pour gérer mes effluents
d’élevage ! »
…
Être dans la
triple performance (économique, environnementale et social) avec la
méthanisation
Mettre en place un méthaniseur est une des réponses possibles à ces
questionnements. On va produire effectivement une énergie renouvelable. La possibilité nous est donné de mieux gérer
son azote organique et réaliser de substantiels économies sur les engrais
minéraux. Le méthaniseur peut aussi
participer au recyclage d’autres déchets organiques issus de son secteur. Et en
relocalisant la production d’énergie, on peut, peut-être, créer une activité qui
génère de l’emploi.
Mais comme tous projets
d’envergure il faut se poser les bonnes questions :
- Un petit méthaniseur ou une unité de production plus
conséquente ?
- J’y vais seul ou avec des collègues ?
- Pour moi le plus rentable ; ce sera l’injection
du gaz dans un réseau, ou la production d’électricité ?
- Comment cela fonctionne au jour le jour ?
- Entre ce qui rentre et ce qui sort du méthaniseur, il
va falloir gérer de la logistique.
- Quelle part de cultures et d’effluents y
introduire ?
- Quelle conséquence sur le fonctionnement de mon
exploitation ?
- Quand, comment et où épandre le digestat issu de la
méthanisation?
Ce genre de projet doit être
mûrement réfléchi, c’est une vraie aventure. Il faut
calculer les prix de revient. Il faut également avoir des financements solides,
et pouvoir faire appel à des aides quand c’est possible. Les aspects juridiques
ne sont pas à négliger.
Et on le sait, prendre son mal en patience pour tous
les aspects administratifs.
Des projets sont en cours sur le bassin versant de la Seille, nous les suivons avec intérêt. Même si nous savons bien que l’épandage
du digestat devra respecter les règles de bonnes pratiques agronomiques, pour
être sans impact sur le milieu. Ces projets permettront à leur acteurs de mieux
gérer les effluents d’élevage, et leur donnerons la possibilité d’allonger leur
rotations.
Bonne chance et bonne Seille
Claude RETTEL & Alain Badoc – CDA 57

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